• Pars avec lui de Agnès Ledig

     

    L’histoire :

    Ils s'appellent Roméo et Juliette. Comme s'ils étaient prédestinés. Mais c'est à eux d'écrire leur histoire, en dépit des accrocs, des cahots et des heurts.

    Lui est pompier, un héros du quotidien, solide comme un roc. Mais pas assez pour résister à une chute de huit étages, heureusement amortie par des arbres.

    Elle est infirmière. De celles pour qui leur travail va bien plus loin que soigner les corps. Attentive, attentionnée, elle donne aux autres sans compter ce que son propre compagnon, Laurent, lui refuse.

    Ces deux êtres cabossés par la vie vont se tendre la main. Et apprendre qu'envers et contre tout être heureux ce n'est pas regarder d'où l'on vient, mais où l'on va.

     

    " Agnès Ledig met des mots justes sur tous les maux, qu'elle aborde avec une grande maîtrise. Magnifique ! " Femme actuelle

     

     

    Mon avis : 

    Comparé à « Juste avant le bonheur », cette fois j’ai été moins bouleversé par ce roman d’Agnès Ledig. Je crois que c’est sûrement à cause de la forme d'écriture, et dû au fait que l’histoire fait écho à mon propre vécu, l’émotion est moins forte pour moi. Il y a plus de dialogues aussi et beaucoup moins de descriptions poétiques des émotions.

    L’écriture est toujours aussi belle et fluide. Je n’ai vraiment rien à y reprocher. La seule chose c’est la différence de style. J’avais beaucoup aimé la manière dont le récit était exprimé dans « juste avant le bonheur » et notamment l’enchainement de courte phrases qui étaient les interrogations ou décisions de l’héroïne. Mais bien sûr ce récit de « Pars avec lui » est totalement différent et ne se prêtait pas au même exercice.

    C’est plus sur le fond de l’histoire que j’ai moins été bouleversé « positivement ». Comment expliquer mon émotion ? L’histoire commence par un combat pour la vie et c’est un beau récit touchant. Mais peu à peu on comprend que la jeune femme se cache et s’enfonce dans une relation malsaine. Et c’est là qu’il faut que j’explique que la description de la violence c'est insupportable pour moi. Ne vous demandez plus pourquoi je ne lis jamais de policier... Les premiers chapitres montrent l’enfermement de la jeune femme dans une relation de domination de son compagnon. On en apprend peu à peu et déjà j’avais envie d’hurler à la fille d’ouvrir les yeux et de se casser. La vie, l’amour, le désir d’enfant ce n’est pas s’oublier soi-même au profit d’un manipulateur. Mais l’apogée de la violence fini par arriver après un bon de trois ans dans le futur. Et là j’ai encore eu plus de mal. J’ai mis une journée pour lire ce passage. Oui la violence, ça me prend aux tripes. Trop ! Je ne sais pas m'en détacher. Ce livre m'a donc bouleversé finalement à la moitié du récit, mais pas du tout dans le même sens que « juste avant le bonheur ». Pas du tout dans le bon sens même ! Il m’a fallu un moment pour lire plus calmement sans la peur au ventre.

    Mais la suite m’a « réconciliée » avec le récit. C’est une vraie belle histoire de bataille pour soi-même et contre les coups de la vie, de rendre ce qu’on nous donne en soutien. Une histoire comme la vie de tous les jours avec ses grandes claques, qui vous obligent (ou pas) à vous battre et vous relever pour avancer. De belles rencontres qui mènent les personnages à comprendre que la vie est tortueuse mais parfois c'est ce qui nous permet d'aller au-delà de nous-même pour trouver la paix intérieure.

    Bien sûr Roméo et Juliette sont très touchants et attachants. Mais je ne peux pas vous parler de ce livre sans évoquer le personnage de Malou, la grand-mère de Juliette. Elle a ce regard un peu philosophique sur les raisons du destin et de la vie. Elle m’a beaucoup émue.

    Cette histoire est finalement très différente du premier roman que j'ai lu, ainsi que la manière dont elle se raconte et s'écrit. Je n'ai pas été autant bouleversée et touchée par les personnages. Comme expliqué précédemment, c'est sûrement parce que ça me prend trop aux tripes (la réalité des choses horribles en est la cause principale) et qu'être bouleversé dans ce sentiment de peine, d'horreur et de douleur ne m'aide pas à me sentir bien. La fin est belle, instructive sur ce qui importe vraiment, sur ce à quoi se raccrocher pour retrouver un équilibre après tant de douleurs (en tout cas pour l'héroïne et ça me ressemble beaucoup dans la manière d'être).

    J'ai hésité pour coter ce roman. Par rapport à mon sentiment douloureux, j'aurai plutôt donner trois cœurs. Mais j'ai opté pour quatre cœurs, d'abord parce que l'écriture est remarquable, et aussi parce que le mérite revient à l'auteur d'évoquer ces violences sans tabou, enfin parce que la conclusion est belle. C'est au final un roman positif sur la conscience de sa vie, le respect de soi, le coût de  l'oubli de soi, l'immondice de l'humanité autant que sa magnificence. Un roman qui prône le fait de se battre pour soi et ceux qui valent la peine. La vie vaut la peine ! 

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