• Pour Un Selfie Avec Lui de Sam Riversag

    L’histoire :

    Mary a tout pour être heureuse. Elle est rédactrice dans un tabloïd anglais et son petit ami est l'homme idéal, jusqu'à ce qu'elle découvre qu'il la trompe et se retrouve brutalement dans une autre dimension. Sa réaction intersidérale la surprend elle-même. Elle sera une femme libre, sans contraintes ni belle-mère. Mais voilà que le félon demande son pardon. Et puis quoi encore? Que feriez-vous à sa place? Comment régler à la fois ses problèmes sentimentaux et professionnels quand votre meilleure amie n'arrête pas de vous mettre dans la panade avec les meilleures intentions du monde? Mary ne peut que se transformer en guerrière ninja pour résister à ce tsunami. Et si la solution à tous ses problèmes venait de l'acteur Benedict Cumberbatch, la super star de la série qui bat tous les records de popularité sur la planète?

     

    Mon avis : 

    Ce livre est un Service Presse obtenu sur le site SimPlement.

     

    Il m’a été assez difficile de rassembler mes idées pour faire cette chronique. D’abord l’histoire me plaisait en lisant le pitch, mais j’ai été rapidement déçue par le caractère des personnages. Et je n’ai  pas été emballée par l’écriture, peut-être que c’est le style d’écriture qui fait ma déception. Je sais que je suis très à cheval sur le style d’écriture et le respect des règles de français. Ce n’est pas pour autant que je suis une puriste. Loin de là. Il suffit de lire mes écrits pour s’en rendre compte. Et j’apprécie différents styles d’ailleurs. Mais je comprends qu’on n’adhère pas à ma manière de voir la lecture et l’écriture. N’empêche que dans ce roman, il y a pas mal de choses qui se cumulent et m’ont gênée pour prendre un pur plaisir sans questionnement à la lecture. Quoiqu’il en soit « Pour Un Selfie Avec Lui » reste un roman Feelgood et qui fait passer un petit moment de détente. Si vous lisez aisément ce style de roman, il vous plaira peut-être.

     

    Pour expliquer mon avis très mitigé plus en détails :

    Le style de ce roman m'a fait l'effet d'une écriture jeune pour jeune. Assez aisée à lire, bien qu’il y ait un côté très familier qui me gênait souvent, on comprend facilement le texte. Il y a des mots ou expressions mal employés ou détournés par l'évolution de la langue à chaque nouvelle génération ? Je ne saurais dire. Mais, de même, la compréhension n'est pas entachée. Le style familier de l’écriture est (à mon sens) dû au fait que c’est Mary, le personnage central qui raconte à sa manière. C'est sa manière d'être. Certes ça n’est pas une tare et je comprends que le style puisse plaire à des lecteurs, mais ça m’a souvent fait l’effet d’une ado qui écrit comme elle parle. Et je trouve que ça en devient gênant quand tu lis tout un roman ainsi. De plus, tout ce parler familier et les références réseaux sociaux et vie sociale associée sont très orientés « jeune de 20 ans d'aujourd'hui ». Je ne suis pas sûre que le récit capte l'attention littéraire de plus âgés. Sincèrement moi qui dépasse les 40 années, il y a des évidences pour l'héroïne qui me sont restées hermétique. Mais en soi cela n'empêche pas la compréhension de l'histoire. Et du coup, l’intérêt de ses précisions « réseaux sociaux » m’interpelle : apportent-elles vraiment un plus à l’histoire ? Je pense que sur ce plan, c’est juste un écart générationnel que je ressens. Sauf que ce point associé à ceux que je décris ci-après, ça donne une mayonnaise non montée positivement concernant ma satisfaction de lectrice et amoureuse de belles écritures.

     

    Côté écriture :

    J'ai déjà évoqué le ton un peu familier, qui moi me gêne parfois, mais est en total accord avec le fait que c'est l'héroïne qui raconte. Par contre il y a 3 éléments d'écriture majeurs qui m'ont vraiment freinée dans ma lecture.

    D'abord, le gros manquement, c'est la ponctuation. Beaucoup trop de virgules au lieu de points. Ce qui fait des phrases qui n'en finissent pas et comportent plusieurs idées. Le manque d'utilisation des autres signes de ponctuation comme le ! et les : est la conséquence de cet abus de virgules. La rythmique et la compréhension des humeurs des personnages en seraient aidées.

    Le second élément clé qui m'a gêné c'est le mélange des temps. Il y a régulièrement un temps au présent au milieu d'un récit passé. Je pense qu’il y a de réelles erreurs d’accord entre les temps, mais au-delà des règles de narration en français, c’est surtout le fait que ça m’a perturbée pour m’y retrouvé dans l’histoire. En effet les premiers chapitres nous font naviguer entre présent, passé et souhaits de futur sans que ça soit totalement clair quand on passe d’un état à l’autre. Il y a des moments je ne savais plus à quel instant de vie de l’héroïne nous en étions. Peut-être ces effets sont voulus, mais je ne peux nier que personnellement cela m’a gênée dans ma lecture dès les premières pages.

    Le dernier point, qui mérite à être travaillé selon moi, concerne la répétition des mots et idées et la richesse de vocabulaire faible. Cette remarque ne prévaut en rien sur la culture de l'auteure. Je pense que ça vient surtout du choix de raconter l'histoire avec le "parler" de l'héroïne. Pour moi, il y a trop de redondance des idées, des mots répétés dans des mêmes paragraphes. De plus, certains mots sont parfois mal employés dans le contexte et m'ont laissé perplexe sur le sens réel de la phrase. Par exemple, "je réalisai comme il est odieux de ne pas avoir son  copain à ses côtés", le mot « odieux » s'applique en temps normal uniquement à un être vivant, pas à une situation. En plus, le sens de ce terme « odieux » me paraît vraiment mal adapté pour caractériser une telle situation. J’aurais plutôt qualifié de « frustrant, agaçant, énervant ». Mais ça ne reste que mon avis. Comme pour "heureusement qu'au boulot je me sentais des ailes, j'avais des projets" qui pour moi est incorrecte dans l'expression et la ponctuation, et bloque ma fluidité de lecture. Un exemple parmi d'autres, mais je suis attachée à ces aspects et ça me perturbe dans ma lecture. En tant que lecteur assidu, quand tu bloques sur des mots, ça te sort de l’histoire.

     

    Et le découpage des chapitres m'a aussi paru un peu bizarre certaines fois. L'idée exprimée par Mary étant régulièrement coupée en plein développement. Mais comme il n'y a pas de titres aux chapitres, ça ne m'a pas gênée outre mesure dans ma lecture. Par contre la répétition en début de chapitre des mêmes idées qu'en fin de chapitre précédent est souvent lourde.

    Et là j’appuie sur un point qui plombe vraiment le style du roman : les répétitions d'idées. Il y en a plein. Et ça alourdit le récit. Il y a aussi des passages où l'héroïne nous parlent de faits comme si c'était une première, hors c'était évoqué avant. Répétition d'idées = lourdeur. Du coup l'effet surprise ou émotionnel fait flop assez souvent.

     

     

    L'histoire ? Les personnages ?

    Le fond de l’histoire : l’histoire d’amour de Mary avec Simon.

    Le fil de l’histoire : l’amitié entre Lola et Mary.

    J'ai eu du mal avec la relation amoureuse dans ce récit (j’explique un peu plus loin) et l'affirmation de soi (respect de soi). Mais finalement il y a un fond d'affirmation d'elle pour Mary qui m'a quand même rassurée.

    J'ai aimé l'aspect fan de Bénédicte Cumberbatch. Non pas que je sois fan, même si je l'aime beaucoup. Mais parce que je le suis d'autres personnes et comprend totalement que c'est un truc qui vous aide à positiver la vie. Que certains (beaucoup) ne le comprennent pas, fait qui me passe aujourd'hui complètement au-dessus. Alors ça fait du bien qu'un livre feel good évoque cet aspect de la vie.

    Un des aspects les plus importants à mon sens dans ce roman, c'est l'amitié ou comment deux êtres aux visions différentes peuvent s'équilibrer et se soutenir au quotidien. Les amis c'est ça. Pas toujours d'accord, pas toujours dans le même feeling, mais toujours là pour s'aider, se soutenir, se changer les idées, vous mettre face à vos contradictions et vous aider à faire le tri dans votre tête.

     

    L'aspect bizarre pour moi dans ce roman, c'est que l'héroïne décrit les caractères de ceux qui l'entourent sans vraiment se positionner elle dans son caractère par rapport à ces réactions, surtout en début de roman. Elle m'a donné l'impression d'être un mouton de panurge dans les premières pages, notamment dans sa relation amoureuse. On a l'impression que finalement elle n'aime pas cet homme, alors pourquoi tant de doute à le quitter ? Le "je te prend, je te quitte, je te reprend..." m'a fait plus l'effet d'une bataille d'ego que d’un amour sincère. Cette impression a duré tout le roman. Mary m'a souvent fait l'effet d'une godiche qui découvre la vie sur beaucoup de plans. C'était assez déstabilisant. J’avais envie de lui foutre des baffes, très souvent (trop ?).

    Par contre sa relation avec sa meilleure amie est assez déjantée. C'est rafraîchissant et très proche ce qu'est une amie. On compose avec les caractères de chacun, ce qui importe c'est la confiance. Mais pareil, il y a des choses qui m’ont gênée. Notamment l'impression que c'est souvent dans le sens « d'aider et soutenir Mary ». Lola se confie peu. Il faut attendre les 2/3 du livre pour que Lola parle d'elle et ses soucis. Et ça reste peu traité dans l’histoire. La manière dont Mary considère l'état "d'épouse soumis, fichu" de sa mère m'a aussi choquée. Peut-être n'ai-je pas captée l'intention de second degré de l'auteur. Mais je n'ai pas non plus eu le sentiment d'évolution de cette vision du couple parental par l'héroïne.

    Finalement Mary s'affirme un peu plus au fil des lignes. Il manque un peu de variété de vocabulaires et un côté moins freudien du "je débarque dans la vie" dans ses auto-analyses récurrentes (voire répétitives), pour rendre ces passages d’affirmation et prise de conscience plus convaincants.

    L'héroïne émet beaucoup d'évidences qui revêtent un caractère assez égoïste. Ça m'a profondément gênée. Ce sentiment que rien ne compte qu'elle au final.

     

    A la fin tout s'enchaîne... trop vite. Comme une urgence. Et puis l'histoire avec Simon ne me semble pas si évidente que ça. Trevor ? On ne sait rien de plus sur son silence. A mon sens, les quelques lignes du point de vue de Simon, ajoutées en fin de récit, n'apporte rien à l'histoire : il reprend les éléments évidents. Finalement on ne sait pas s'il y a vraiment de l'amour entre eux. En tout cas c'est mon ressenti.

     

    En conclusion : Déçue par le style d’écriture surtout. Mais faites votre avis par vous-même. On a tous des gouts différents.

    Mon avis est donc très mitigé c'est pourquoi je cote ce livre à 2 cœurs. Il reste un récit rapide à lire, sans prise de tête, avec un côté feel good et déjanté pour ce qui est dû lien d'amitié qui donne le sourire à coup sûr. Le côté romance m'a moins convaincu n'étant pas en accord avec le comportement des deux amies. Mais chacun sa vision de la vie. Il y a un côté Bridget Jones dans ce récit qui est à prendre comme une bonne parenthèse pour se détendre et se vider l'esprit des soucis quotidiens. Et l’aspect fan était sympa à lire aussi.

     

    Le petit plus ? Geronimo ! Cri de motivation de Mary qui m'a vraiment fait sourire à chaque fois.

    « Juste une photo de nous d'Aurélia VernetComme une ombre de Pascale et Gilles Legardinier »
    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    Tags Tags : , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :